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Liva, dix ans déjà

par Sébastien Breton

Quel plaisir d’avoir à écrire un texte soulignant les 10 ans d’existence de ce groupe qui fait partie de ma vie tout autant que ses membres. J’ai eu la chance avant de faire partie du groupe, de voir le premier concert du projet de mon ami Pier Carlo Liva qui se demandait bien, peu de temps avant, quel nom il donnerait à son groupe. Cela fait 10 ans déjà que cette aventure a commencé et voici le moment venu de vous dévoiler les faits saillants de ces 10 belles années de musique.

Chapitre 1

La formation LIVA a vu le jour en 1997. Le premier concert donné par le groupe, formé à cette époque de Pier Carlo Liva (guitare et voix), David Elias (Saxophone), Sébastien Côté (Batterie) et Yves Labonté (Basse), est donné au mois de mars. Le quatuor assure la première partie du groupe Sherbrookois Minuit 34 qui lance son album au Graffiti. Je me souviens très bien que ce spectacle m’a profondément marqué. LIVA, à cette époque, faisait un genre de rock-progressif expérimental, en français. Pier Carlo écrivait la musique et les textes de ses chansons. Il s’inspirait de ce qu’il voyait dans le quotidien, à la télé ou dans la vie en général. Je me souviendrai longtemps de ces mélodies et des textes qui étaient souvent marquants. Fatigué, Dans l’attente, Dalaï-lama sont quelques noms de pièces qui me viennent à l’esprit spontanément.

Chapitre 2

L’année 1998 est marquée par l’arrivée de Catherine Elvira Chartier au sein de la formation. Elle fera sa première apparition avec le groupe, en tant que chanteuse, au Théâtre du Parc Jacques-Cartier, à Sherbrooke, dans la chanson Fatigué. Je me souviens très bien de m’être dit ce soir là « il me semble que j’aimerais bien faire partie d’un groupe comme ça…mais quel défi !! » À cette époque François-Olivier Fortin était au saxophone et c’était encore Sébastien Côté qui assurait la batterie. Et pour assurer, il assurait. J’ai toujours eu en admiration ce musicien dans l’âme, qui je crois, préférait le jazz et les musiques afro-cubaines au rock…Mais il donnait une couleur et une pesanteur impressionnante à cette musique. Ce spectacle fût par contre le dernier de Sébastien Côté qui décida d’aller rouler sa bosse comme musicien sur des croisières et un peu partout dans le monde. Voilà où moi je suis entré en scène. Anecdote intéressante, les deux premiers endroits où LIVA a performé, le Graffiti et le Théâtre du Parc Jacques-Cartier, ont brûlés quelques jours ou quelques semaines après ces spectacles…Le Graffiti a survécu mais le Théâtre du Parc Jacques-Cartier n’est plus. Je me souviens d’en avoir parlé avec Pier Carlo et qu’il ait dit « Coup donc ! Est-ce que je porte malheur !?! »

           
En novembre 1998, je fais mon premier spectacle avec LIVA au Café du Palais à Sherbrooke en première partie de Grabuge. Le groupe est maintenant formé de Pier Carlo Liva, Catherine Elvira Chartier, Jacques Laurin (Basse), François-Olivier Fortin et moi. On s’est retrouvé le mois suivant à faire un concert au Centre de détention de Sherbrooke. Voilà une autre expérience intéressante…Un concert sous haute sécurité. C’était « il me semble » autour du 22 décembre. On s’est senti apprécié par ces hommes qui allaient passer Noël en cellule et qui se sont dit que ce soir là, ils passeraient une bonne soirée. Une énergie  positive s’est dégagée de cette soirée. Parfois je me dis que bien de ces gars sont maintenant sorti de prison et se disent peut-être qu’une des pas pires choses qu’ils ont vu « en dedans »… c’est un show de Liva. Qui, pour l’occasion, fut bien affectueusement rebaptisé par Donald Thompson, l’organisateur de la soirée, « Pier Carlo pis sa gang. » Une soirée inoubliable.

Chapitre 3

Au cours de l’année 1999, la présence de Catherine Elvira au sein du groupe prend une autre dimension avec l’intégration de l’alto électrique dans les pièces. C’est dans cette période que sont nées Hostias, Dies Irae, Tuba Mirum et Kyrie. À ce moment, on commençait à sentir la direction musicale que le groupe allait prendre. C’est aussi à cette époque que Pier Carlo s’est résolu à le faire une fois pour toute. « Le premier album, ça va être un Requiem.» Rendez-vous en 2002...

Pour l’an 2000, Liva s’est payé une belle soirée. En octobre, il assurait la première partie d’un groupe légendaire. Voivod, au Café du Palais, à Sherbrooke. Ce spectacle sera le dernier de Jacques Laurin qui avait choisi de se concentrer sur ses études universitaires.

Avant le départ de Jacques, nous avons eu le temps d’enregistrer le mini album éponyme, comportant quatre pièces du Requiem. Dies Irae, Tuba mirum, Kyrie et Hostias. Ce disque avait pour but de répondre à la demande du public qui cherchait à se procurer la musique de Liva. Plus de 700 copies se sont écoulées, sans promotions et sans bénéficier de la magie d’Internet. Voyant l’engouement des fans, Liva s’est rendu compte de son potentiel et alla à la pêche aux compagnies de disques. À vous parler de ce mini cd, il me vient de belles images de quelques soirées où nous faisions du découpage de pochettes et du collage de pucks sur les disques…Les premières soirées passées avec Simon Roy-Boucher comme nouvel arrivant. Mémorable ! Comment Simon est arrivé dans le groupe ?… J’y viens.

Automne 2000, Pier m’appelle « Il y a  Forever Black  (hommage à Black Sabbath) ce soir au Graff. Viens-tu voir ça avec moi ? » Quand le groupe commence à jouer, Pier Carlo reconnaît le type à la basse. Il l’avait rencontré par hasard quelques jours avant, dans un magasin, et l’avait trouvé sympathique. Le bassiste en question s’avère être bon et il « look » en plus, mais, ô malheur ! Il a une basse à quatre cordes. Entre Noël et le jour de l’an, le fameux bassiste se présente au magasin où travaille Pier Carlo. Une fois de plus, le hasard fait bien les choses. À force de jaser, Pier Carlo apprend qu’il possède déjà une basse à cinq cordes. Simon fait son entrée dans le groupe à l’hiver 2001. Quelques semaines plus tard on allait le rencontrer chez lui…et on planifiait une pratique cette même soirée. La sortie du mini album s’est fait dans la même période que l’arrivée de Simon.

Le premier spectacle de Simon avec Liva, fut celui du concours La Relève Black Hard, au Graffiti, à Sherbrooke, en mars 2001. Liva a remporté le 1er prix de ce concours, qui soit dit en passant, coordonnait avec l’arrivée de nouvelles pièces dans notre répertoire. Agnus Dei et Confutatis s’étaient déjà ajoutées quelques temps auparavant, puis Domine Jesu  était présentée en spectacle pour la première fois à ce concours.

Chapitre 4

Été 2001, Hugues Sweeney de Bande-à-Part (Radio-Canada), entre en contact avec nous. Il a entendu le mini album et trouvait ça intéressant. Il nous demande alors si nous voudrions être le sujet d’un reportage à l’émission de télé Bande-à-Part. On a passé une bonne partie d’un samedi avec lui et sa copine de l’époque. Une journée idéale pour faire un reportage en plein air, suivi d’un bon souper. Durant ce souper, au cours de la conversation, Hugues nous lance « Je cherchais un groupe qui pourrait faire un spectacle avec des musiciens classiques. Je crois que je viens de le trouver. De la musique classique jouée par Liva et Liva joué par des musiciens classiques. » Nous étions sur la même longueur d’onde puisque nous avions déjà comme projet de faire un spectacle spécial en intégrant un orchestre de chambre à Liva. Hugues Sweeney nous a donc donné carte blanche et ce fut le petit coup de pied donné à Pier Carlo pour mener son projet à terme. Le spectacle aura lieu le 8 mars 2002 à la Maison de la culture Frontenac, à Montréal. Le travail d’arrangement a donc commencé au mois de décembre 2001, par Pier Carlo, puis mis en partitions par Catherine Elvira. Travail rendu avec grande distinction, pour chœur à cinq voix, quatre violons, trois violoncelles et percussion. Ce qui fait que lorsque nous nous sommes tous rencontré pour les répétitions, tout s’est déroulé à merveille. Nous avons travaillé avec des musiciens de grands talents qui ont sauté à pieds joints dans ce gros bateau avec nous et ont eu autant de plaisir que nous à faire ce spectacle. Au programme, Tanz der Ritter (danse des chevaliers), extraite du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev, interprétée par Liva et le Requiem de Liva accompagné par 13 chambristes. Ce projet a été un succès du début à la fin.

À suivre…

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